Le clip de François Hollande, qui met en scène, politiques, people et anonymes, semble avoir généré de la perplexité. Au-delà du simple buzz, intéressant en termes de communication politique , que peut comprendre l'électeur moyen du geste repris en boucle pendant ces 43 secondes ?

 

Peut-on donner une signification évidente au geste du clip de campagne de François Hollande : "le changement, c'est maintenant" ? S'agit-il d'encadrer seulement le slogan que l'on voit au départ sur l'image ? Est-ce un fait exprès de créer un signe de ralliement sans signification particulière ? Les explications données par les communicants sont-elles satisfaisantes ? Comment Madame Dugenou, si chère à François Hollande, peut-elle décoder le message envoyé ?


Premier problème : le manque de compréhension spontanée du geste

Il s'agit d'abord d'un geste conscient (réalisé à dessein) qui prétend avoir une signification symbolique, au moins compréhensible pour notre communauté nationale. Or, cette compréhension n'est pas spontanée. A quoi attribuer l'agitation des bras ? A premire vue, à rien. Ce qui pose un premier problème. A l'inverse, un geste de prière, un geste qui invite à s'asseoir, les bras levés en V indiquant la victoire, le pouce levé (très sarkozien, dans un esprit binaire : il y a ceux qui se lèvent tôt et les autres, ceux qui ont une Rolex à cinquante ans et les autres etc), bref, tous ces gestes sont compréhensibles - à quelques différence culturelles près - et créent un liant commun.

Pourtant, "ce signe est un clin d'oeil à la charte graphique du logo de François Hollande", explique un membre de l'équipe numérique du candidat au Parisien. Il est aussi symbole du signe "égal", une valeur importante aux yeux du candidat à la présidentielle. 


valls geste clip hollande

 

Deuxième problème : le manque d'homogénéité dans l'appropriation du geste

Pour créer un signe de ralliement communautaire, surtout si ce signe est difficlement identifibiable à première vue, encore faut-il qu'il soit réalisé de manière uniforme ; or certains ferment, ramenant les mains vers leur tronc), d'autres ouvrent, certains l'éxécutent lentement, d'autres rapidement, la hauteur du geste diffère également, d'autres ont le poignet descendant ou ascendant, donnant de la flexibilité au sens supposé égalitaire du signe, d'autres encore, enfin, se lancent dans une chorégraphie gestuelle par des mouvements de va-et-vient des avant-bras, laissant entendre moins une dynamique qu'un symbole qui cherche à se stabiliser.

Bref, l'idée perçue subconsciemment, c'est que chacun se faisant sa propre idée du changement, on se demande bien si on va parvenir à le faire aussi vite que "maintenant" le promet.


Troisième problème : la porte ouverte aux délires interprétatifs 

Du coup, en l'absence de référence commune spontanément compréhensible et d'uniformité dans le geste, cela laisse ouverte la voix aux libres interprétations, y compris les plus fantaisistes. Et elles n'auront pas manqué de s'appuyer sur la créativité et la rapidité des réseaux pour faire florès en quelques minutes.

Arrêtons-nous sur l'image du directeur de la communication de la campagne, Manuel Valls, qui a sans doute validé ce clip et dont on peut penser qu'il l'éxécute au mieux.

Justement, dans l'éxécution du geste, effectué du tranchant de la main - avec une violence relative - n'y a-t-il pas là l'éxécution symbolique du chef de l'état sortant ? "Tout président sortant de droite aura la tête tranchée."

On peut aussi y voir une référence, comme l'explique une littérature publique sur le sujet, à l'obigation du secret auxquels sont tenus les membres de certaines sociétés ésotériques (franc-maçonnerie), sous peine d'avoir la tête tranchée (entre autres joyeusetés).

Certes, l'histoire politique récente a montré des clips plus abscons. Ce qui est intéressant, c'est de voir peut-être, comment, ce geste pourrait être, l'histoire le dira, LE signe de ralliement autour du candidat Hollande et des valeurs qu'il porte. Ce qui est sous-tendu, c'est peut-être l'idée d'une petite révolution... Après la révolution orange (une couleur - visuel), celle de velours (texture - kinestésique), celle de jasmin (une fleur - odorat), voir un geste associé à une "petite" révolution en marche aurait un attrait particulier pour un synergologue...

 

Bonus : la réaction éloquente du réalisateur Serge Moati (observez la micro-démangeaison de l'oreille gauche à 1'35 : "je ne veux pas entendre") : en revanche, inutlie de demander à un psychanalyste ce qu'il en pense, ce n'est pas dans ses compétences... ;-) 



 Crédits : Blog YesTheyCan de David Medioni et Philippe Moreau Chevrolet

Tag(s) : #Actualités

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