20070906VillepinInside

Dans l’affaire Clearstream, une chose au moins est claire, la grosse fatigue émotionnelle ressentie par l’ancien premier ministre. En analyse synergologique, c’est la paupière gauche de Villepin qui va nous en apprendre beaucoup derrière les sourires de façade face aux journalistes. En effet, quand on cligne des yeux, on ne cligne pas simultanément des paupières. Avant de le savoir, il faut concéder qu’on ne s’est jamais vraiment posé la question. Et c’est normal, quand on est face à l’autre, on le voit, plus qu’on ne le regarde.

La synergologie, développée par le français Philippe Turchet au Québec depuis plus de 15 ans, apprend à aiguiser son acuité visuelle pour savoir quoi regarder, et pour permettre de corréler l’observation d’un item (ou signe) à d’autres items, vulgairement d’autres signes envoyés non consciemment par le cerveau ; il y a souvent une chaîne logique d’items. Si quelqu’un  est dans le lien avec l’autre ou perturbé par un non-dit, se manifestera une suite d’items, une association de signes, en même temps. C’est ce qui rend grotesque l’approche de certains qui inventent pour chaque geste isolé une traduction fantaisiste. C’est aussi la traduction que savoir observer, cela s’apprend. En partie, alors qu’il est plus facile de se faire l’interprète d’un signe bien visible de tous. La synergologie apprend à observer dans les détails (les micro-attitudes) et dans la globalité.
Mais revenons à Villepin. Et concentrons-nous sur cette paupière gauche, bien que d'autres signes nous renvoient à cette fatigue décrite plus haut. Sa paupière gauche se fermant plus tôt et à plusieurs reprises dans l’extrait vidéo joint à ce billet, on comprend que voici un animal blessé. Un homme qui a choisi certes de convoquer habilement les médias, un homme qui s’efforce de sourire, qui manifeste un talent lyrique réel face à la caméra, un homme qui sait raconter une histoire, que l’affrontement avec l’homme le plus puissant de France n’effraie pas ; mais un homme bien plus profondément touché, meurtri, qu’il ne le montre. Ce qui ne dit rien de son rôle dans l’affaire, gardons nous bien des inductions incongrues là où des bonimenteurs de la communication se hasarderaient avec l’aplomb qu’on leur connaît. Voici en tout cas la preuve que, en politique, comme ailleurs, contrôler son corps n’est pas possible, n’en déplaise à tous ceux qui pensent que l’on peut tout contrôler.
Tag(s) : #Politique

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