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L'ANALYSE

 

"Une exigence et des valeurs fortes"

 

La première secrétaire du Parti socialiste n’est pas réputée souriante. À tort. Au repos même, elle sourit. Mais à l’envers. Lorsqu’elle s’exprime, sa bouche s’agite et semble esquisser un sourire. Toujours à l’envers. (voir photo)

 

L'observation du sourire inversé est constante (dit "dans la statue de la personne", un peu comme Valérie Pécresse s'illustre par un sourcil gauche constamment surélevé versus le droit, marque de pudeur enracinée dans une histoire personnelle).

 

Le sourire inversé est le marqueur d’une personnalité autoritaire, certes, mais aussi exigeante, pétrie de principes et néanmoins aux rares concessions. Tout cela peut être selon le contexte très négatif ou très positif envers les autres... ou envers soi-même. Aubry donne souvent l'impression d'être sévère dans son expression, c'est donc à tempérer compte tenu du fait qu'elle ne peut guère influencer la chose, sauf à sourire artificiellement. Ce trait dominant était également observable chez François Mitterrand, dont elle est sûrement, sur cet aspect, la meilleure héritière. A noter que l'on retouve cet item (signe) chez Manuel Valls. Cela peut aussi témoigner d'une certaine dureté dans les convictions.

 

Autre caractéristique, quand des thèmes chers sont abordés, comme l’éducation, la main gauche s’active, s’élève et les doigts se replient sur eux-mêmes (mains en bourse). Ces signes attestent d’intimes convictions et de la force de la détermination. La main gauche est en oeuvre dans une logique affective, de proximité. Dans son discours de Toulouse, se référant à l'Europe, un thème de prédilection (en bonne filiation de Jacques Delors), la main gauche s'émancipe.

 

Enfin, les poignets chez elle, sont ascendants, un code de dominants très marqué. Les mains sont dirigées en l'air plus souvent que vers l'interlocuteur. 

 

 

L'ENJEU

 

"Gare au syndrome Jospin"

 

En termes d'image, le pire risque de Martine Aubry, c'est la jospinisation. Celui d'apparaître comme austère, parangon de la rigueur. Des mots qui résonent avec le contexte budgétaire, mais qui face aux blagounettes d'Hollande, peuvent la laisser à distance ; comme Chirac, plus humain par ses failles, l'emporta face à un Jospin ringardisé par sa supposée rigidité.

 

Aubry doit aussi convaincre de sa flexibilité relationnelle, de ses qualités de concertation, de son éoute dans la négociation. Même si son parcours politique comme ministre l'a conduite à mettre en oeuvre ces points, la façpn dont elle peut être perçue à l'aune de son langage corporel doit l'amener à considérer que rien ne lui est acquis en la matière.

 

 

LA RECOMMANDATION

 

"Révéler la flamme cachée"

 

Et bien sûr, ce n'est pas en travaillant la gestuelle artificiellement,  (et les conseils proteront souvent sur les mains et les bras, les mouvements du haut du corps) ; c'est d'abord une maigre partie de ce qui est visible par le téléspectateur et aucune personne ne peut exercer un contrôle sur l'ensemble du corps, les micro-réactions ne sont pas commandables par notre cerveau.

 

Pour Aubry, il lui faut révéler la "flamme cachée" en faisant appel aux valeurs auxquelles elle croit, plus systématiquement, par des anecdotes qui vont la connecter au réel, et lui permettre d'ajuster sa communication non verbale sur son discours. La main gauche devrait se libérer encore davantage. 

 

Une autre priorité est de développer son "quotient empathique". Sourire pour sourire n'a pas de sens, le sourire est le meilleur masqueur émotionnel, le meilleur occulteur de non-dits et le premier signe décryptable comme un élément de travestissement de la réalité ; rare est celui qui est suffisamment adroit pour bien faussement sourire ; c'est musculairement impossible d'ailleurs, les vrais sourires engagent des muscles près des paupières et des yeux.

 

La réponse est sans doute de mieux accueillir les questions, les remarques, les attaques, elles font partie du jeu politique, bref de développer la "zénitude".

 

Note complémentaire : Pourquoi ne pas se forcer à sourire ? La plupart du temps, on est dans ce que l'on appelle le "sourire social".

Le vrai sourire, lui, a été mis en évidence durant la seconde moitié du 19e siècle par Guillaume Duchenne, considéré comme le fondateur de la neurologie. Il remarque que les sourires exprimant une joie sincère se différencient des sourires volontaires par la contraction d'orbicularis oculi, un muscle situé autour des yeux. Ainsi, pour évaluer la réalité du sourire de l'interlocuteur, il faut regarder ses yeux.

 

LIRE LE PORTRAIT GESTUEL DE FRANCOIS HOLLANDE.

 

RETROUVEZ MON PORTRAIT GESTUEL DES CANDIDATS DU PS AUX PRIMAIRES SUR LA MATINALE DE CANAL + CE MERCREDI 15 SEPTEMBRE 2011 AVANT LE PREMIER DÉBAT.

Tag(s) : #Politique

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