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Lors de sa prestation dans « Paroles de Français » sur TF1 ce jeudi 10 février 2011, voici les points clés sur le langage corporel du chef de l’Etat :

 

-       L’index de la main gauche est fréquemment posé sur la bouche : une attitude rarement observée chez le président, peu enclin d’ordinaire à se contenir quand il a quelque chose à dire ; ici, c’est plutôt : je retiens très fort l’envie de m’exprimer ; c’est une façon de se forcer à l’écoute, alors même que la mécanique intellectuelle est déjà dans la réponse, et de suggérer à l’autre le respect qu’on a de sa parole, on sait ce soin moins prégnant avec les journalistes,

 

-       beaucoup de gestes figuratifs : une marque de fabrique de Sarkozy, ce type de gestes l’aident à décrire la réalité : que le pouvoir d’achat « s’effondre » ou que gouvernement lutte pour « réduire » les déficits publics, un geste ad hoc vient renforcer la démonstration verbale ; y avoir recours trop souvent n’est pas la meilleure des choses, l’opinion publique décode comme un embobinage intellectuel cette configuration gestuelle dont le président est friand (adepte par exemple dans ses discours du : le chômage était « élevé » - les bras s’élèvent – « qu’a permis l’action du gouvernement ? – les bras s’abattent sur le pupitre),

 

-        sur la délinquance des mineurs, le « non, je ne renoncerai pas » s’est illustré par les mains jointes, légèrement élevées dans l’espace, en direction de son interlocutrice, la pharmacienne, sur les questions de sécurité ; on peut effectivement lui faire entièrement confiance là-dessus… Son corps s’engage.

 

-       parlant de « l’affaire Laetitia » qui secoue l’actualité et des conditions atroces de cet acte criminel, évoquant la discussion avec les parents de la jeune fille, un accès de profonde douleur traverse le président, lequel se réassocie physiquement et émotionnellement à la rencontre, jusqu’à manifester une sincère compassion, pas seulement une cérébrale empathie ; hésitation, déglutition, émotion sont des signes mesurables.

 

-       sur le sujet agricole, les gestes du président sont plus élevés que lors des échanges sur d’autres thématiques et la main gauche (qui symbolise la spontanéité et ce qui est proche de soi) est davantage présente ; il faut y voir un degré d’implication particulièrement fort sur ce domaine,

 

-       les balancements gestuels : les mains balayant de la gauche vers la droite, sur une échelle chronologique qui va dans le sens de ‘écriture, cadrent bien avec un discours général qui compare tous les sujets abordés ce soir au « monde d’avant » qu’il ne faut pas regretter ; avant c’était la guerre, maintenant, on a Airbus, « magique » ; aujourd’hui, on peut tout de même se réjouir de ce que les médicaments sauvent des vies (versus les angoisses révélées par le Mediator) ; les délinquants d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier, alors les juges pour enfants, ça ne colle plus vraiment à notre réalité du moment, et ce métier « fantastique » de médecin qui a bien changé, et cette agriculture qui n’est plus du tout celle d’avant etc etc etc

 

-       un mot sur les épaules présidentielles qui font toujours couler beaucoup d’encre ; quand elles « clignent », c’est tout l’être qui vibre, l’épaule droite surtout est associée à une volonté de performance ; renforcée quand les deux épaules sont en mouvement dans le même sens ; cette micro-réaction intervient quand Sarkozy veut emmener l’autre dans « son » univers, c’est le manager qui veut convaincre. Cela ne préjuge pas du résultat, mais dit tout sur le volontarisme. Quitte à faire tiquer.

 

Tag(s) : #Politique

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