Photo 1 : "J'ai choisi d'être moi-même."

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François Hollande se serait confié lors du meeting du Bourget, lit-on ici et là. Quelque chose de fort et inhabituel chez lui, ajoute-t-on. Est-ce alors le début de l'entretien avec Claire Chazal qui lui fait tenir ce propos sur la main droite (fréquente chez lui, elle manifeste les éléments de contrôle) ? ; la main gauche qui symbolise la spontanéité et l'intimité ou l'utilisation des deux mains auraient été davantage attendues. Ou bien être soi-même n'est-il pas tâche si aisée et s'y plier ne correspond pas à la pudeur du candidat socialiste ?

 

Photo 2 : "J'ai dit que j'avais un adversaire, ce n'est pas forcément celui auquel on pense."

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Nicolas Sarkozy est positionné à gauche, dans le sens de l'échelle du temps, nul doute que Hollande voit dans le président un homme du passé, pour ne pas dire du passif, comme il le verbalisera à mots couverts en fin d'interview, expliquant qu'il n'a jamais cité le nom de son adversaire car il veut parler aux Français "de l'avenir".

 

Photo 3 : "Mon adversaire c'est le monde de la finance responsable de la crise."

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Sur le mot "crise", on observe que la paupière gauche tombe légèrement plus rapidement que la droite. Il y a là une émotion négative micro-réactionnelle. Hollande prouve une certaine empathie sur ce que ce terme implique dans la vie des Français. 

 

Photo 4 : "Mon adversaire c'est le monde de la finance responsable de la crise."

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A diverses reprises, les mains sont dans une position toute hollandaise (c'est une ritournelle gestuelle, un signe qui revient fréquemment chez une personne, mais qui figure dans notre répertoire corporel universel, sauf que Hollande la surutilise, un peu comme Sarkozy qui fait, lui, se mouvoir les épaules). Cette position hollandaise, ce sont les mains qui se voudraient se rejoindre et semblent figurer une barrière. En réalité, elles renvoient au contexte de l'échange ou du propos intrinsèquement tenu et révèlent le caractère égalitaire dans lequel il se tient. 

 

Photo 5 : "une république plus exemplaire, plus modeste"

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Le sourcil droit se lève indiquant qu'il met à distance la république peu exemplaire et peu modeste à son sens de l'actuel locataire de l'Elysée. Quand le sourcil gauche se lève, c'est nous-même qui nous mettons à distance par pudeur ou volonté de retrait du contexte. Ce qui se passe sur la partie droite du corps s'inscrit davantage dans la relation et/ou dans un contexte plus dur.

 

Photo 6 : "je veux parler de l'avenir" (versus de Sarkozy)

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La langue de vipère apparaît quand il parle de Sarkozy, sans le nommer. "Je veux parler de l'avenir". Les propos se veulent piquants, c'est le moyen mi-conscient que trouve notre cerveau pour révéler ce qui est caché, un item (signe) encore plus intéressant quand la volonté de ne pas nommer est manifestée.

 

Photo 7 : la Une de Libération de ce lundi 23 janvier 2012

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Elle montre Hollande les bras levés en V, signe de victoire déjà souvent vu chez Chirac par exemple, mais très classique, issu de l'héritage primatologique (les grand singes, oui, voila qui rend humble) ; les poings sont fermés, à l'internationaliste ; les pouces levés, comme Sarko l'Américain pour lequel tout est OK, je suis OK, et le monde est binaire (ceux qui se lèvent tôt et les autres, ceux qui ont une Rolex à cinquante ans et les autres etc) ; bref, pour Hollande, un curieux mélange sans doute conscient (fait à dessein), qui sonne inattendu comparé à sa gestuelle la plus souvent observée, bras droit levé, paume offerte au public et doigts écartés, qui symbolisent plus sûrement un geste mi-conscient, sincère, cohérent et donc plus efficace, puisque conforme à son style.

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Photo 8 : les sourcils et les rides de la peur pendant Le Bourget

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Sans doute, cette expression faciale, récurrente durant le meeting, est-elle liée à la pression de l'enjeu, puisqu'on ne le constate ni au soir du 20 heures chez Claire Chazal, ni sur les autres meetings récents.


 

Photo 9 : les postures miterrandiennes ?

La presse évoque souvent les postures mitterrandiennes de Hollande en meeting. D'abord, n''est pas Miterrand qui veut. Le travail sur le corps se voit et la greffe ne prend pas toujours. Le phénomène d'introjection bien connu des psychanalystes peut en revanche exister. A côtoyer un individu qu'on admire, et qui plus est dominant, on en adopte mic-consciemment les codes verbaux et non verbaux. Mais est-ce seulement un souhait du candidat socialiste de lui ressembler ? Hollande est souvent meilleur orateur quand il est détaché d'un enjeu fort : voir les discours au soir du 2e tour des primaires notamment à la maison de l'Amérique Latine, où le verbe et le geste emportaient la conviction, versus les prestations mi-figue mi-raison des primaires socialistes. C'est bien par l'émotion juste et non pas juste l'émotion, par des mots de choix et non pas des choix de mots (fameux éléments de langage), par des gestes précis et non pas un précis de gestes que s'épanouit le style. Hollande aux mains qui chantent... mais pas un air de déjà vu.

 

En savoir plus : Le sens caché des gestes de François Hollande (paru sur Le Nouvel Observateur / Le Plus).

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