L'interview des présidents américain et français, à l'issue du G20, diffusée vendredi 4 novembre 2011 dans les JT de 20h, de 20h13 à 20h36, a été suivie sur TF1 par 5,9 millions de téléspectateurs (avec une part d'audience de 22,3%), et sur France 2 par 5 millions de téléspectateurs (avec une part d'audience de 18,7%). Les deux chefs d'Etat répondaient aux questions (en anglais) de Laurence Ferrari (TF1) et David Pujadas (France 2).


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Obama serait-il plus préoccupé de sa prestation que le président français ? Au départ, dès la première question, les mains sont croisées, basses et formant des couteaux (protection) tandis que Sarkozy les montre plus élevées (code de dominant et de sachant) même si la vigilance est de mise (tête qui penche à droite) - voir image.

Tandis que Sarkozy apparait crispé (il faut admettre qu'il se concentre sur les traductions et l'oreillette), le corps animé de soubresauts qu'on lui connait et de moues d'impatiences, les pieds ancrés dans le sol, Obama, lui, se dénoue au fil des échanges. le pied droit se déconnecte du sol. Et l'Américain perd sa perplexité originelle, révélée par sa configuration d'axe de tete (penchée, vers le bas, à droite, regard de l'oeil gauche). L'homme devient de plus en plus spontané (main gauche en prise sur la main droite).Se voyant ravir la politesse du dernier mot normalement réservé à la puissance invitée, le visage se referme toutefois en fin d'entretien. 

Le Français poursuit son habitude des gestes figuratifs dont nous avons déjà argumenté la contre-productivité ; ils sont visibles lorsque les mots sont mimés : "se coordonner", "stabilité, "la publication d'une liste par les EU"... Les mouvements d'épaule montrent la volonté de performance du président, un point toujours à mettre à son crédit. Volonté de performance n'étant pas indicateur de la dite perdormance, laquelle constitue un autre débat.

Les qualités de Sarkozy quand ils travaillent ensemble sont longuement listées par l'Américain. Sarkozy, tout entier concentré, cesse alors ses clignements de paupières. Dans une attente pétrifiée.

Sarkozy montre enfin au monde que son "ami Barack" et lui sont des potes et des gagneurs, adeptes de familiarités : voir la façon dont il lui saisit la main à la fin.

Aucune annonce extraordinaire n'étant au programme, peu de sujets sensibles étant abordés, les questionnements déférents des journalistes ne provoquant pas de conflits intérieurs ou d'émotions contenues chez les présidents, peu d'observations sont corrélables à des éléments précis de contenu. Hélas.Le numéro est un exercice de communication où chaque partie trouve son intérêt relativement à des questions de politique intérieure.


 

On regardera également avec profit (et humour) un extrait du Petit Journal de 2011 : "Sarkozy Obama, l'Ecole Supérieure de Communication Gestuelle" et la "fabrique des gestes" déjà évoquée (et dénoncée) s'agissant par exemple, parmi hélas tant d'autres, de Sarkozy. Au plan synergologique, on observe Sarkozy, jambes croisées vers son interlocuteur américain (volonté de proximité), tandis que le président Obama croise les jambes, certes dans un sens identique pour le téléspectateur (attention à ne pas croire à la synchronisation dans ce cas), mais dans le sens opposé au président français. Et les poignées de mains de Sarkozy sont appuyées pour "poser", tandis que Obama, la main sur le fauteuil, souhaite abréger, moue à l'appui, les effusions d'amitié. Ce n'est que vers la fin que Sarkozy se micro-caresse les jambes signifiant son impatience à se lever, l'image symbolique pour l'opinion étant dans la boite. Déjà, l'esprit d'un partenarait gagnant-gagnant, dont le Français tirait tout de même davantage les marrons du feu, était sous-jacent. Aujourd'hui, Obama a autant d'intéret que Sarkozy à afficher un soutien réciproque. Comme dans la parabole baudelairienne de l'aveugle et du paralytique se soutenant ?

 

 

 

 

 

 

 

 


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