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Chaque jour, Sarkozy président fait place à Sarkoy candidat entend-on de la part des commentateurs politiques. La Une à venir du Figaro Magazine du samedi 11 février 2012 participerait du plan de communication médiatique de l'intéressé. Or que voit-on ? L'image d'un Nicolas Sarkozy dans une pose parfaite du point de vue de l'analyse corporelle que l'on peut en faire. Troublant.  

Nous n'aimons guère en synergologie commenter les seules images, car la nature du contexte verbal et le corps en mouvement sont le fondement de notre travail et de notre outil ; en même temps, il est parfois des images qui synthétisent parfaitement à elles seules toute une histoire. Et en l'occurrence tout un storytelling (l'histoire qu'on veut nous faire croire dans le cas d'espèce).

Dans cette image du président tiré à quatre épingles mais pas boutonné entièrement, sans doute pour le rendre moins étriqué, pour l'allonger en quelque sorte, on observe une prédominance visuelle de la partie gauche de son corps. Il présente notamment davantage la partie gauche de son visage. C'est-à-dire qu'il suggère davantage de douceur, il nous regarde en fait avec son cerveau droit, celui de l'affectif et du lien. C'est en tout cas la perception qu'aura subconsciemment une large part de l'opinion publique susceptible de décoder (sans forcément savoir elle-même qu'elle en a l'aptitude) le visage présidentiel.  

Par ailleurs, la main gauche est plus en avant et domine la main droite, de manière cohérente comparativement à l'oeil gauche. Plus de lien, de quiétude, de spontanéité sont envoyés tel un signal fort qui tient presque de l'appel de phares.

Enfin, la main gauche semble posée sur celle de droite. C'est la configuration de la main dte "en berceau". Là encore, c'est la configuration de main la plus évocatrice de bienveillance. Une image de Saint-Nicolas. paumes offertes prêt à recevoir la communion (les méchantes langues diront "prêt à recevoir la TVA sociale").

Humanité, bonté, partage. Est-ce cela que veut suggérer par une pose subconsciente le président ? Est-ce l'oeil lui aussi subconscient du photographe ? En effet, sans être spécialistes de la communication non verbale, il n'est pas rare que des photographes sentent ce que peut être une posture joliment significative, juste à l'oeil. Ce que les synergologues, eux, savent décoder. Et potentiellement proposer. Même si notre approche n'est pas comportementaliste, c'est-à-dire qu'elle ne vise pas à faire accroire une réalité qui n'existe pas pour modifier de manière manipulatoire les perceptions extérieures. C'est en tout cas à cette aptitude du photographe à "sentir" que l'on peut confirmer ses talents.  A moins que tout cela soit l'imposture d'un communicant élyséen, fruit de la lecture assidue d'ouvrages sur la synergologie ? Dans ce cas, la posture présidentielle devrait être sous-titrée : "quand la pose trompe l'oeil", faisant écho à un autre sujet en appel de Une (en haut à droite) : "quand l'art trompe l'oeil'. Mystère...      

 

Actualisation du vendredi 10/02/12 : on appréciera en regard de la Une du Fig Mag, celle du Libé paraissant la veille. Sarkozy y figure doigt pointé menaçant, la tête penchant à droite fortement (axe latéral droit indiquant rigidité), présentant son hémi-visage droit (situation d'analyse), la bouche ouverte sur les dents, les sourcils levés attirant l'attention sur l'émotion primaire qu'il dégage, l'épaule droite surélevée ajoutant à sa volonté de marquer son territoire. Deux Unes, deux façons de résumer un personnage.

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Tag(s) : #Politique

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