Dans cette séquence courte, le langage corporel du président en poste semble confirmer son intention de livrer combat à la présidentielle de 2012. On observe que les propos tenus le sont sur la main droite, celle de la logique argumentative. Sur la phrase-clé : "J'ai un rendez-vous avec les Français, je ne me déroberai pas." Sarkozy passe sur la main gauche, c'est le cas quand le sujet évoqué l'est avec davantage de spontanéité, d'intimité ou d'investissement personnel. Le sujet lui tient donc à coeur.

"Et franchement, ça approche." ajoute Sarkozy qui tire alors sur les deux pans de sa veste (microtraction en synergologie) indiquant son envie d'en découdre, d'entrer dans le match. Ce signe est aussi identifiable dans la montée d'agressivité d'un individu.

Dans le temps de la relance par les journalistes, il sort une langue de délectation, se réjouissant intérieurement de son petit effet, et affiche une bouche en huître (lèvres rentrées), symptomatique de la volonté de maîtrise du discours, pour ne pas avoir à en dire plus, sans doute une part de lui aurait-elle envie de ne pas mâcher ses ambitions.

sarkozy candidat TVA

Il y a notamment beaucoup de poings fermés - volonté de combat - notamment sur "alléger le coût du travail" qui reviennent sur ce sujet à trois reprises, chaque fois d'ailleurs qu'il y est fait allusion.

Pour le reste, les ritournelles gestuelles - mouvements et réactions régulièrement observées chez une personne donnée - sont de retour : gestes de rejet fréquents, mouvements d'épaules (volonté de performer), sourcil droit toujours prêt à se dresser (mise à distance), et puis des gestes tout courts au sens où celui qui fait des gestes avec une fréquence et une amplitude élevées est perçu plus que les autres comme un bon communicant.

Fini aussi le temps du contrôle du corps, on le voyait encore récemment, sans doute sur les conseils de proches, moins agiter les épaules, faire des efforts pour donner une impression apaisée, dompter les tensions du visage. Les gestes sont d'ailleurs plus projectifs (ils projètent ses états d'âme) que figuratifs - à mimer les expressions verbales. Ce qui marque aussi le retour du vrai Sarkozy et de ce qui fait sa force, indépendamment du fait qu'on l'aime ou pas, le fait est qu'il ne cherche normalement pas à contrôler son corps, et que, partant, étant plus lisible que d'autres, il est décodé comme sincère. Naturellement, cette perception tend à s'émousser compte tenu d'une échelle de subjectivité, c'est-à-dire que depuis cinq ans, cette perception de base se heurte concrètement à d'autres critères qui entrent en compte dans l'alchimie de sa popularité (ou impopularité).

Comme la sincérité semble être, plus encore que le courage, le maitre-mot-clé de la fin de l'interview, nous aurons à coeur dans les semaines qui viennent de vérifier la posture ou l'imposture présidentielle.

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