Football-Staff France : quand le langage du corps saute les barrages

Article paru dans L'Equipe du 17 octobre 2013. Par Stéphane Kohler.

Le staff de l’équipe de France ne compte pas – encore ? – de synergologue dans ses rangs, alors les commentaires de Stephen Bunard, intéresseront peut-être Didier Deschamps. Nous avons fait visionner à ce spécialiste de l’analyse du langage corporel des images de conférence de presse d’avant-match puis les buts de France – Finlande (3-0) ainsi que les réactions d’après-match. La veille de la rencontre, Didier Deschamps a eu une notable remontée de bouche vers la gauche. « Avec les lèvres mordues, c’est signe d’embarras, d’agacement, précise Bunard. On sent des incertitudes dans sa tête, même si ce n’est pas exprimé avec dureté. Comme Deschamps a un petit côté clown triste, un peu lunaire, toute expression particulière sur son visage prend plus d'impact. »

De son côté, Hugo Lloris a eu une « langue de délectation » en évoquant le bon match face à l’Australie (6-0), mais ensuite « une bouche en huître » au moment d’évoquer les barrages, signe de tension. « On sent qu’il n’a pas le contrôle complet sur toute la situation sportive, et il craint que des choses lui échappent, comme quand sa bouche part en arrière, un dérivé de la peur ».

Le discours calme et posé de Paul Pogba après le succès face aux Finlandais a impressionné notre analyste. « Il est jeune, mais dégage une belle confiance, avec un beau sourire, cohérent avec son discours. On dirait qu’il est déjà le coach de l’équipe. »

Patrice Evra se veut lui aussi optimiste et confiant pour les barrages, mais « avec l’épaule droite qui monte, de manière inconsciente, un peu à la manière de Nicolas Sarkozy, ce qui traduit une volonté de performer, d’être à la hauteur de son discours. »

Et Didier Deschamps, dans sa conférence de presse d’après-match, a laissé la place au doute. « Il a plusieurs fois fait le geste de se laver les mains, le syndrome des gens qui tiennent à se justifier des propos qu’ils tiennent, c’est assez curieux, note Bunard. On note aussi des petits rictus de la bouche, synonymes de pertes de contrôle et une micro-démangeaison de la tempe droite, signe qu’il est soucieux d'être précis dans son discours, sans oublier un pincement des deux narines, qui signifie que les choses ne sont pas totalement passées comme il l’espérait. »

Quid de Karim Benzema, qui a brassé l’air de ses poings après son but avant de mimer légèrement le fameux arc d’Usain Bolt ? « Le fait de boxer peut éventuellement signifier qu’il répond par son but aux critiques de ces derniers temps. En tout cas c’est conscient, voulu mais on reste dans un registre de célébration assez classique chez un sportif. »

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